L’accord du participe passé avec avoir : un complexe héritage italien !

texte italienPlusieurs d’entre nous se sont éreintés à tenter de maîtriser la règle du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir (P.P.A.). Nous nous souvenons de ces enseignants qui ont consacré toute leur énergie afin que nous puissions dompter cette fameuse règle : « le participe passé avec avoir s’accorde en genre et en nombre avec le complément direct (C.D.) si celui-ci est placé devant le verbe. » Mais, souvent, en vain.

Pourquoi est-ce si complexe ? Ne pourrions-nous pas l’accorder en tout temps ou ne pas l’accorder tout simplement ? D’où vient cette règle qui nous hantera toute notre vie ?

Suivez le guide… Chez Motadits, nous avons mené notre enquête et nous vous partageons aujourd’hui le résultat de celle-ci !

La fameuse règle du participe passé aurait été décrétée par Clément Marot, un poète français à l’époque de la Renaissance, qui, durant sa vie, fut également le poète officiel du roi de France, François 1er. Alors qu’on commençait à imprimer les premiers écrits francophones et que le roi savait qu’il existait diverses façons (déjà) d’accorder les participes, ce dernier demanda conseil à Marot afin de clarifier le tout pour que l’on puisse établir une règle qui régirait cet accord.

Malheureusement, dans l’un de ces célèbres poèmes de l’époque, Marot, qui était fortement influencé par l’Italie et sa langue, en était venu à utiliser une règle d’accord des participes inspirée par la grammaire italienne et qui s’apparente à celle que nous appliquons encore de nos jours : l’accord se fait avec le nom ou le pronom qui précède le verbe.

On retint donc celle mise de l’avant par le poète dans son poème. Malgré les protestations des grammairiens de l’époque qui jugeaient cette norme incongrue, on décida qu’il serait plus utile d’avoir une règle précise qui permettrait à tous de mettre en application la même afin d’assurer une certaine continuité linguistique.

L’idée (et la règle !) fit son chemin à travers le temps pour finalement demeurer au coeur des rouages de notre langue.

Conséquemment, c’est au 16e siècle que le sort de notre règle moderne du participe passé employé avec l’auxiliaire avoir trouve ses origines !

6 commentaires

  1. Tessier a dit:

    Ce qui est assez drôle, au fond, c’est que la grammaire italienne d’aujourd’hui ne respecte pas forcément les mêmes règles d’accord. En effet, dans certains cas, l’accord est facultatif !
    Mi ha visto/mi ha vista, ha detto la ragazza. (Il m’a vue, a dit la jeune fille)

  2. Patrick a dit:

    Je suis d’avis que les temps modernes requièrent des simplifications linguistiques, si le patrimoine culturel d’une langue n’en est pas endommagé. Le maintien de la différence d’accord suivant la présence du verbe avoir ou être au participe passé est injustifiable. Avis à l’Académie Française…

  3. F-R a dit:

    Si je comprends Clément Marot, il a souhaité cet accord pour pouvoir obtenir des rimes féminines pour ses poèmes ? Mais quand je les regarde rapidement, il utilise peu ou pas cette possibilité…alors a-t-il fait ce choix au service d’autres poètes ?

  4. JiPe38 a dit:

    Règle compliquée… nombreuses exceptions… téléscopage avec les coréférences et anaphores, donc obligation d’aller fouiller le niveau sémantique pour accorder…

    Exemple : “les serveuses nous ont bien servies”. A première vue, faute d’accord puisque le participe ne doit pas s’accorder avec le sujet. Mais si dans le contexte sémantique de la phrase on parle d’un repas entre professeurs des écoles, toutes du sexe féminin, l’accord est bon.

    Quelle salade ! Comment veut on que les étrangers soient motivés à apprendre une langue aussi compliquée ? Que les petits écoliers français apprennent tout ça avec de moins en moins d’heures consacrées à la grammaire dans leur scolarité. Vite, le dépoussiérage ! Au secours, Mmes et Messieurs les académiciens !

  5. Bounar a dit:

    Pas touche à la grammaire!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  6. KISS a dit:

    les accords en anglais sont bien plus simples et ils n’apportent pas d’ambituité.
    Pourquoi maintenir des règles tordues, qui génèrent du stress, font perdre du temps et ne donnent pas plus d’information ?
    L’exemple ci-dessus, JiPe38 est parfait dans ce sens.
    Pitié, consacrons le temps d’école à découvrir la littérature plutôt qu’à faire des ratures.
    Bounar, bien entendu qu’il ne faut pas toucher aux fondement de la Grammaire, mais il faut viser la destination : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?
    KISS ! Keep It Short and Simple : restons efficaces et simples ! 🙂

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