Des locutions et expressions fautives à corriger

Voici quelques expressions et locutions souvent utilisées à corriger : bonnes découvertes !

Débuter quelque chose

Puisque le verbe « débuter » n’a pas de forme transitive (il ne peut pas être suivi d’un complément direct), il est inapproprié de dire, par exemple : « Je vais débuter ce travail. » On utilisera plutôt un verbe transitif comme « commencer » ou « entamer ».

 

Les expressions de périodicité : chaque jour, tous les jours, chaque matin, tous les matins, etc.

Il nous arrive souvent d’ajouter, à tort, la préposition à devant les expressions de périodicité (chaque année, tous les soirs, chaque mois, chaque mercredi, etc.). En effet, il faut dire « chaque jour », « chaque mois », etc., et non pas « à chaque jour », « à chaque mois ». Il en est de même lorsque nous utilisons « tous les » devant un nom au pluriel : il est bien inutile de dire « à tous les matins » alors que « tous les matins » suffit amplement comme expression.

 

Partir

De la même façon que le verbe « débuter », « partir » n’a pas non plus de forme transitive et malgré tout, plusieurs expressions sont fautivement construites sous cette forme. En voici quelques-unes accompagnées de celles à adopter :

Partir une compagnie —> Fonder une compagnie
Partir une polémique —> Engager une polémique
Partir une mode —> Lancer une mode
Partir un feu de foyer —> Allumer un feu de foyer
Partir un débat —> Lancer un débat
Partir le bal —> Ouvrir le bal
Partir une tondeuse —> Faire démarrer une tondeuse
Partir une rumeur —> Lancer une rumeur

À nouveau et de nouveau

Même si les deux locutions ont des airs de famille, celles-ci ont cependant un sens qui n’est pas le même.

À nouveau : C’est lorsque l’on recommence d’une façon différente de la première fois.
Exemple : Écrire à nouveau une lettre à laquelle il manquait certaines informations.
 
De nouveau : Ça se produit encore une fois.
Exemple : Il est de nouveau absent.
 

Au niveau de

« Au niveau de » signifie à la hauteur de. Par exemple, il a de l’eau au niveau des chevilles. Il s’agit d’une impropriété lorsque l’expression est utilisée dans le sens d’en ce qui concerne, en ce qui touche, pour ce qui est de, à propos de, du point de vue de, etc. Il faut alors choisir, selon le contexte, l’une des locutions prépositives précédemment mentionnées.

 

Une couple de

Cette locution s’avère être à la fois un anglicisme (a couple of) et un archaïsme. Par exemple, on préférera dire qu’on passe quelques minutes à accomplir une tâche et non pas une couple de minutes.

4 commentaires

  1. Ségolène Baudry a dit:

    J’ai la soixantaine et je suis linguiste. Toutes ces expressions employées à tort n’ont jamais fait partie de mon vocabulaire.

  2. Nelly a dit:

    Merci pour toutes ces précisions. Moi aussi j’enseigne le FLE depuis des années dans une université italienne et la plupart de ces expressions erronées n’ont jamais fait partie de mon vocabulaire. A vrai dire, elles me semblent souvent etre des expressions utilisées fautivement par les étudiants étrangers comme calque de leur propre langue.

  3. Loïc a dit:

    Il y a plusieurs de ces expressions qui sont tout simplement familières. Je n’écrirai pas “une couple de” dans une dissertation, mais dans une conversation informelle, ça passe sans problème. C’est juste une question de registre.

  4. Alexandre a dit:

    Une chose ne peut logiquement pas être un anglicisme et un archaïsme (encore fréquemment utilisé, qui plus est) simultanément. À moins qu’il s’agisse d’un de ces anglicismes à la mode quelques années puis tombé dans l’oubli, ce dont je doute.

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